miércoles, 10 de julio de 2013

Libia, acosada por la inestabilidad política y económica, experimenta un crecimiento del terrorismo que se asienta en la región.


Libia, nuevo centro de gravedad del terrorismo. 

Dos años después la caída de Kadhafi, todas las señales pasan al rojo: atentados, inestabilidad política, caída de la producción petrolera

Es todo un símbolo: dos años después de que la aviación francesa salvara a Bengazi de los “ríos de sangre” prometidos por Kadhafi, el representante de Francia en esta ciudad escapa por poco de la muerte en un atentado. El jueves 05 de julio, hacia las 23 horas, Joan Dufriche, cónsul honorario y médico, volvía con su esposa a su casa, cuando su coche fue ametrallado desde otro vehículo. Sale de este incidente espantado. Ya el 23 de abril, un atentado con coche bomba había alcanzado a la embajada de Francia en Trípoli, hiriendo a dos gendarmes, uno de ellos muy seriamente. En vista de las "amenazas" y las " tensiones en cuestiones de seguridad", el Quai d'Orsay les pide a todos los turistas “posponer cualquier desplazamiento no indispensable a Libia hasta nueva orden”. Porque la situación se degrada día a día. Un solo ejemplo: la sede del Ministerio del Interior está, desde principios de julio, literalmente asediada por una milicia armada... 
Pero hay algo más grave. Como lo señala un reciente informe senatorial, “el centro de gravedad del terrorismo se desplaza hacia Libia”. En el Elíseo, han confirmado que la situación “nos preocupa enormemente”. El ministro de Defensa y el de Asuntos Exteriores, no esconden más su inquietud. Porque el Estado libio, si existe algo que se parezca a eso, se revela incapaz de brindarle seguridad a su territorio, vasto como tres veces Francia, además de sus 4.500 kilómetros de fronteras con Túnez, Argelia, Níger, Chad, Sudán y Egipto. 
Perseguidos de Mali por la intervención francesa, una parte de los terroristas del AQMI habrían encontrado refugio en el sudoeste de Libia, bajo la dirección de Mokhtar Belmokhtar. 
En su informe, los senadores describen “la constitución de un agujero negro en la seguridad pública en Fezzan, alrededor del triángulo Oubari-Sebha-Mourzouk”. Los ataques terroristas contra el sitio gasífero argelino de In Aménas (enero de 2013), luego contra las minas de Arlit y un cuartel en Níger (mayo de 2013) demuestran la persistencia de una amenaza muy seria. 
El sur de Libia no es la única región que inquieta a los Occidentales. Cirenaica, alrededor de Bengazi (Este) abriga a numerosos grupos islamistas radicales, principalmente alrededor de la ciudad de Derna. Algunos, como Ansar al-Charia, estarían ligados a Al-Qaeda. Muchos libios han ido a combatir en las filas de la rebelión siria y la evolución de la situación en Egipto tendrá consecuencias sobre esta región, que es cercana. 
“La revolución no desembocó en la instalación de instituciones sólidas”, comprueban los senadores. Peor, una ley votada el 05 de mayo pasado, llamada de "aislamiento político", pretende apartar del poder a todos aquellos que sirvieron bajo la era Kadhafi. 
“Esta ley privará a las instituciones de las personas más experimentadas y competentes […] y a la comunidad internacional de sus interlocutores más creíbles” se lamentan los senadores que mencionan un “golpe de Estado rastrero". Los islamistas radicales se frotan las manos. 
La situación económica apenas es mejor. Golpeada por la inseguridad, las huelgas y la desorganización, la producción de petróleo (1 millón de barriles/día) es inferior en alrededor un tercio comparada a lo que era antes de la caída de Kadhafi. Y los hidrocarburos representan el 97 % de las exportaciones del país. 
Frente a esta crisis latente, la comunidad internacional pena por encontrar medios para actuar, por falta de interlocutores en el sitio. La Misión de apoyo de las Naciones Unidas en Libia (Manul) intenta ayudar a conformar el Estado mientras que la Unión Europea lanzó el 27 de mayo la misión de asistencia para el control de las fronteras (EUBAM Libia): no se trata de enviar agentes aduaneros o guardias-fronterizos, sino simplemente de formar y aconsejar a los libios sobre esta cuestión. Por su parte, la OTAN despachó en junio un equipo de expertos para ayudar a la implementación de una Guardia nacional. 

Fuente: L´Opinión por Jean-Dominique Merchet 09 de julio de 2013 



La Libye, nouveau centre de gravité du terrorisme. 

Deux ans après la chute de Kadhafi, tous les signaux passent au rouge: attentats, impasse politique, baisse de la production pétrolière. 

C'est tout un symbole: deux ans après que l'aviation française a sauvé Benghazi des «rivières de sang» promises par Kadhafi, le représentant de la France dans cette ville y échappe de peu à la mort dans un attentat. Jeudi 5 juillet, vers 23 heures, Jean Dufriche (photo), consul honoraire et médecin, rentrait chez lui avec son épouse, lorsque sa voiture a été mitraillée depuis un autre véhicule. Il s'en sort avec une grosse frayeur. Le 23 avril déjà, un attentat à la voiture piégée avait visé l'ambassade de France à Tripoli, blessant deux gendarmes, dont un très sérieusement. Au vu des «menaces» et des «tensions sécuritaires», le Quai d'Orsay demande à tous les voyageurs «d’ajourner tout déplacement non indispensable en Libye jusqu’à nouvel ordre». Car la situation se dégrade de jour en jour. Un seul exemple: le siège du ministère de l'Intérieur est, depuis début juillet, littéralement assiégé par une milice armée... 
Mais il y a plus grave. Comme le pointe un récent rapport sénatorial, «le centre de gravité du terrorisme se déplace vers la Libye». A l'Elysée, on confirme que la situation «nous préoccupe énormément». Le ministre de la Défense et celui des Affaires étrangères, ne cachent plus leur inquiétude. Car l'Etat libyen - s'il existe quelque chose qui s'y apparente - se révèle incapable d'assurer la sécurité de son territoire, vaste comme trois fois la France, et plus encore de ses 4500 kilomètres de frontières avec la Tunisie, l'Algérie, le Niger, le Tchad, le Soudan et l'Egypte. 
Chassés du Mali par l'intervention française, une partie des terroristes d'AQMI auraient trouvé refuge dans le sud-ouest de la Libye, sous la direction de Mokhtar Belmokhtar. 
Dans leur rapport, les sénateurs décrivent ainsi «la constitution d'un trou noir sécuritaire au Fezzan, autour du triangle Oubari-Sebha-Mourzouk». Les attaques terroristes contre le site gazier algérien d'In Aménas (janvier 2013), puis contre les mines d'Arlit et une caserne au Niger (mai 2013) témoignent de la persistance d'une menace très sérieuse. 
Le sud de la Libye n'est pas la seule région qui inquiètent les Occidentaux. La Cyrénaïque, autour de Benghazi (Est) abritent de nombreux groupes islamistes radicaux, notamment autour de la ville Derna. Certains, comme Ansar al-Charia, seraient liés à Al-Qaïda. Les Libyens sont nombreux à partir combattre dans les rangs de la rébellion syrienne et l'évolution de la situation en Egypte ne sera pas sans conséquence sur cette région, qui est proche. 
«La révolution n'a pas débouché sur la mise en place d'institutions solides», constatent les sénateurs. Pire, une loi votée le 5 mai dernier, dite d'«isolement politique», vise à écarter du pouvoir tous ceux qui ont servi sous l'ère Kadhafi. «Cette loi privera les institutions des personnes les plus expérimentées et compétentes [...] et la communauté internationale de ses interlocuteurs les plus crédibles» regrettent les sénateurs qui évoquent «un coup d'Etat rampant». Les islamistes radicaux se frottent les mains. 
La situation économique n'est guère meilleure. Frappée par l'insécurité, les grèves et la désorganisation, la production de pétrole (1 million de barils/jour) est inférieure d'environ un tiers à ce qu'elle était avant la chute de Kadhafi. Or, les hydrocarbures représentent 97% des exportations du pays. 
Face à cette crise larvée, la communauté internationale peine à trouver des moyens d'agir, faute d'interlocuteurs sur place. La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) tente bien d'aider l'Etat à se construire alors que l'Union européenne a lancé le 27 mai la mission d'assistance pour le contrôle aux frontières (EUBAM Libye): il ne s'agit pas d'y envoyer des douaniers ou des gardes-frontières, mais simplement de former et conseiller les Libyens sur cette question. De son côté, l'Otan a dépêché en juin un équipe d'experts pour aider à la mise en place d'une Garde nationale. 

L´Opinion par Jean-Dominique Merchet 09 juillet 2013