miércoles, 27 de noviembre de 2013

Los ganadores y perdedores el día después del acuerdo en Ginebra sobre el programa nuclear de Irán.


Acuerdo con Irán: Estados Unidos tomó el riesgo de irritar a Israel.

Washington está dispuesto a pagar el precio de la cólera de su aliado a cambio de un arreglo global de la cuestión seguritaria.

El acuerdo nuclear concluido con Irán va a exacerbar las tensiones entre Israel y Estados Unidos, pero Washington está dispuesto a pagar el precio de la cólera de su aliado a cambio de un arreglo global de la cuestión seguritaria, estiman los expertos. “Lo que se concluyó en Ginebra no es un acuerdo histórico, sino un error histórico”, se enfureció el primer ministro israelí Benjamín Netanyahu justo después de la conclusión del acuerdo entre Teherán y las seis potencias en Ginebra. Pero la administración norteamericana está persuadida desde hace tiempo que sólo el desmantelamiento completo del programa nuclear de Irán podría calmar la furia israelí, una opción totalmente irreal, según ellos.
Con la esperanza de apaciguar las tensiones, el presidente Barack Obama conversó por teléfono el domingo con Benjamin Netanyahu y le dijo que deseaba que los dos países “comiencen inmediatamente consultas concernientes a (sus) esfuerzos para negociar una solución global” al problema del programa nuclear iraní.
El secretario de Estado John Kerry por su parte defendió el acuerdo según el cual la República islámica aceptará limitar su programa nuclear a cambio de un aligeramiento de las sanciones económicas, abriendo un nuevo período de negociaciones sobre el fondo de la cuestión durante seis meses. “El punto de partida no puede ser siempre el punto de llegada”, explicó John Kerry el domingo.
Para el analista Alireza Nader, del centro de reflexión RAND Corporation, sólo un acuerdo negociado que integre inspecciones puede garantizar que Irán no procurará en secreto dotarse del arma atómica. “Incluso si Estados Unidos o Israel atacaran los sitios nucleares iraníes, la capacidad iraní no sería barrida”, le explica a la AFP. Aunque a corto plazo las tensiones entre los dos aliados obviamente aumentarán, Nader considera que Estados Unidos quedará como el aliado más cercano de Israel y de Arabia Saudita. “La seguridad de la región continúa dependiendo de Estados Unidos”, juzga él. Y según él, Israel no va a torpedear un acuerdo que fue suscripto por la comunidad internacional atacando a Irán en los próximos seis meses. Tal ataque sería percibido “como una grave provocación para el resto del mundo”, según sus dichos.

Evolución de las alianzas.

“Asistimos a un acercamiento potencial entre Estados Unidos e Irán que podría rediseñar el mapa geoestratégico de Oriente Medio”, estima Fawaz Gerges, profesor en la London School of Economics, a la cadena MSNBC. Incluso si Estados Unidos no está en la misma frecuencia que Israel o Arabia Saudita con respecto a Irán, la gente debería “acordarse que Estados Unidos tiene intereses de seguridad nacional más vastos, toman en cuenta la seguridad y la estabilidad de la región, pero también los intereses norteamericanos”.
Un retorno de Irán al seno de la comunidad internacional, de la que fue aislada de hecho desde la revolución de 1979, podría permitirle a Teherán llevar un rol más positivo en las crisis regionales, dice este experto. Sin embargo el acuerdo corre peligro de complicar el intento de alcanzar un acuerdo de paz israelí-palestino, aunque John Kerry haya señalado que los dos asuntos debían permanecer separados.
El jefe de la diplomacia norteamericana es esperado probablemente en Israel en las próximas semanas para estrechar los lazos con el primer ministro Benjamín Netanyahu. “Los próximos seis meses servirán de prueba para las relaciones entre Israel y Estados Unidos, y las relaciones entre Estados Unidos y los países árabes”, dice Yoel Guzanski, ex analista especialista de Irán en los servicios del primer ministro israelí, actualmente en el Institute for National Security Studies. “Entre las alianzas actuales en Oriente Medio, la alianza (entre Israel, Arabia Saudita y Emiratos Árabes Unidos) es tácita”, dice él a la AFP. “Estos países están todavía más inquietos por Irán que Israel”, agrega. Y, agrega Uzi Rabi, especialista en Irán en la universidad de Tel-Aviv, “los sauditas están furiosos con lo que pasa”. “Las alianzas podrían al final transformarse”, previene, dando como ejemplo que “los egipcios ya hablan con los rusos”, fruto de la degradación de las relaciones entre Washington y El Cairo.

Fuente: Le Point y AFP 26/11/2013

  

Accord avec l'Iran: les États-Unis ont pris le risque d'irriter Israël.

Washington est prêt à payer le prix de la colère de son allié en échange d'un règlement global de la question sécuritaire.

L'accord nucléaire conclu avec l'Iran va exacerber les tensions entre Israël et les États-Unis, mais Washington est prêt à payer le prix de la colère de son allié en échange d'un règlement global de la question sécuritaire, estiment des experts. "Ce qui a été conclu à Genève n'est pas un accord historique, mais une erreur historique", s'est emporté le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou juste après la conclusion de l'accord entre Téhéran et les six puissances à Genève. Mais l'administration américaine est persuadée depuis longtemps que seul le démantèlement complet du programme nucléaire de l'Iran serait à même de calmer le courroux israélien, une option totalement irréaliste, selon eux.
Dans l'espoir d'apaiser les tensions, le président Barack Obama s'est entretenu au téléphone dimanche avec Benyamin Netanyahou et lui a dit qu'il souhaitait que les deux pays "commencent immédiatement des consultations concernant (leurs) efforts pour négocier une solution globale" au problème du programme nucléaire iranien.
Le secrétaire d'État John Kerry a de son côté défendu l'accord aux termes duquel la République islamique acceptera de limiter son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions économiques, ouvrant une nouvelle période de pourparlers sur le fond pendant six mois. "Le point de départ ne peut pas toujours être le point d'arrivée", a expliqué M. Kerry dimanche.
Pour l'analyste Alireza Nader, du centre de réflexion RAND Corporation, seul un accord négocié doublé d'inspections peut garantir que l'Iran ne cherchait pas en secret à se doter de l'arme atomique. "Même si les États-Unis ou Israël attaquaient les sites nucléaires iraniens, le savoir-faire iranien ne serait pas balayé", explique-t-il à l'AFP. Bien qu'à courte échéance les tensions entre les deux alliés sont vouées à augmenter, M. Nader estime que les États-Unis restent le plus proche allié d'Israël et de l'Arabie saoudite. "La sécurité de la région continue à dépendre des États-Unis", juge-t-il. Et selon lui, Israël ne va pas chercher à torpiller un accord auquel a souscrit la communauté internationale en frappant l'Iran dans les six prochains mois. Une telle attaque serait perçue comme "une grave provocation par le reste du monde", selon lui.

Évolution des alliances

"Nous assistons à un rapprochement potentiel entre les États-Unis et l'Iran qui pourrait redessiner la carte géostratégique du Moyen-Orient", estime Fawaz Gerges, professeur à la London School of Economics, sur la chaîne MSNBC. Même si les États-Unis ne sont pas sur la même longueur d'onde qu'Israël ou l'Arabie saoudite à propos de l'Iran, les gens devraient "se souvenir que les États-Unis ont des intérêts de sécurité nationale plus vastes, ils prennent en compte la sécurité et la stabilité de la région, mais aussi les intérêts américains".
Un retour de l'Iran au sein de la communauté internationale, dont elle est de fait isolée depuis la révolution de 1979, pourrait permettre à Téhéran d'endosser un rôle plus positif dans les crises régionales, dit cet expert. Il n'en reste pas moins que l'accord risque de compliquer la tentative de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien, bien que John Kerry ait souligné que les deux dossiers devaient rester distincts.
Le chef de la diplomatie américaine est vraisemblablement attendu en Israël dans les prochaines semaines pour resserrer les liens avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou. "Les six prochains mois serviront de test pour les relations entre Israël et les États-Unis, et les relations entre États-Unis et pays arabes", dit Yoel Guzanski, ancien analyste spécialiste de l'Iran aux services du Premier ministre israélien, actuellement à l'Institute for National Security Studies. "Parmi les alliances actuelles au Moyen-Orient, l'alliance (entre Israël, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) est tacite", dit-il à l'AFP. "Ces pays sont encore plus inquiets sur l'Iran que ne l'est Israël", relève-t-il. Et, ajoute Uzi Rabi, spécialiste de l'Iran à l'université de Tel-Aviv, "les Saoudiens sont furieux de ce qui se passe". "Les alliances pourraient au final se transformer", prévient-il, en notant à titre d'exemple que "les Égyptiens parlent déjà aux Russes", fruit de la dégradation des relations entre Washington et Le Caire.

Le Point et AFP 26/11/2013