Irak quiere combatir la corrupción después del
descubrimiento de 50.000 soldados ficticios
El primer ministro iraquí Haidar al-Abadi anunció, el
domingo 30 de noviembre, una intensificación de la lucha contra la corrupción,
después de haber descubierto que el país le pagaba salarios a 50.000 soldados
ficticios, representando el equivalente a cerca de cuatro divisiones.
“Estas últimas semanas, Abadi tomó severas medidas para
revelar la existencia de estos soldados fantasmas y luchar contra el problema de
raíz”, precisó el portavoz del primer ministro Abadi, Rafid Jabouri. La investigación
comenzó con un recuento riguroso de los efectivos durante la última
distribución de salarios. Los soldados confirmaron que los salarios habían sido
pagados recientemente, con un retraso de dos meses, sin que les hubieran dado
entonces alguna justificación.
“Hay dos clases” de soldados ficticios, explicó un oficial.
“En el primer caso: cada oficial es autorizado, por ejemplo, a tener cinco
guardias. Él mantiene dos, reenvía tres a la casa y se queda con su salario o
gran porcentaje de éste”. “En el segundo caso (...) se efectúa a nivel de la
brigada. Un comandante de brigada tiene en general 30, 40 o más soldados, que
se quedan en la casa o no existen”.
Corrupción y clientelismo
“El problema es que él también, para conservar su trabajo
como comandante de brigada, debe sobornar a sus propios superiores”, prosiguió
el oficial. Añadió que, por estas razones, es que miles de soldados desertores
o que murieron este año a través de Irak raramente habían sido declarados como
tales.
Estados Unidos, presente en el país durante ocho años, hasta
finales de 2011, gastaron miles de millones de dólares para entrenar y equipar al
ejército iraquí. Sin embargo, al comienzo en junio de la ofensiva del grupo
jihadista Estado Islámico (EI), el ejército vivió una verdadera desbandada.
Desde que se puso en funciones en septiembre, Abadi
destituyó o retiró a altos comandantes. Pretende atacar en lo sucesivo a la
corrupción y al clientelismo que prevalecían bajo su predecesor, Nouri
al-Maliki. “Haidar al-Abadi está consagrando la integridad, la eficacia y el
coraje como criterios para los nombramientos de una nueva dirección militar”,
indicó su portavoz. “Este proceso de limpieza va a extenderse más allá del
ejército para alcanzar todos los niveles del Estado”.
Fuente. Le Monde con AFP 30.11.2014
L'Irak veut combattre la corruption après la découverte de
50 000 soldats fictifs
Le premier ministre irakien Haidar al-Abadi a annoncé,
dimanche 30 novembre, une intensification de la lutte contre la corruption,
après avoir découvert que le pays payait des salaires à 50 000 soldats fictifs,
représentant l'équivalent de près de quatre divisions.
«Ces dernières semaines, M. Abadi a pris des mesures sévères
pour révéler l'existence de ces soldats fantômes et lutter contre le problème à
la racine», a précisé le porte-parole de M. Abadi, Rafid Jabouri. L'enquête a
débuté par un décompte rigoureux des effectifs durant la dernière distribution
des salaires. Des soldats ont confirmé que les salaires avaient été versés
récemment, avec un retard de deux mois, sans qu'aucune justification ne leur
ait été alors donnée.
«Il y a deux sortes» de soldats fictifs, a expliqué un
officier. «Dans le premier cas: chaque officier est autorisé, par exemple, à
avoir cinq gardes. Il en garde deux, en renvoie trois à la maison et garde leur
salaire ou un grand pourcentage de celui-ci». «Le deuxième cas (...) a lieu au
niveau de la brigade. Un commandant de brigade a en général 30, 40 soldats ou
plus, qui restent à la maison ou n'existent pas».
Corruption et clientélisme
«Le problème est que lui aussi, pour conserver son travail
en tant que commandant de brigade, doit verser des pots de vin à ses propres
supérieurs», a poursuivi l'officier. Il a ajouté que, pour ces raisons, de
milliers de soldats déserteurs ou ayant été tués cette année à travers l'Irak
avaient rarement été déclarés comme tels.
Les Etats-Unis, présents dans le pays pendant huit ans,
jusqu'à fin 2011, ont dépensé des milliards de dollars pour entraîner et
équiper l'armée irakienne. Pourtant, au début en juin de l'offensive du groupe
jihadiste Etat islamique (EI), l'armée a connu une véritable débandade.
Depuis sa prise de fonctions en septembre, M. Abadi a limogé
ou mis à la retraite de hauts commandants. Il entend désormais s'attaquer à la
corruption et au clientélisme qui prévalaient sous son prédécesseur, Nouri
al-Maliki. «Haidar al-Abadi est en train de consacrer l'intégrité, l'efficacité
et le courage comme critères pour les nominations d'une nouvelle direction
militaire», a indiqué son porte-parole. «Ce processus de nettoyage va s'étendre
au-delà de l'armée pour atteindre tous les niveaux de l'Etat».
Le Monde avec AFP 30.11.2014