domingo, 21 de junio de 2015

El grupo radical Daech/EI continúa siendo una gran amenaza para la región, que debe enfrentar numerosos conflictos confesionales y políticos


Después de un año de "califato", el EI está bien armado para durar

Después de la proclamación de su "califato" en Siria y en Irak en 2014, el grupo jihadista parece capaz de sobrevivir años, estiman los expertos.

Después de un período de expansión, el embrión de Estado, encabezado por el jefe del EI, Abu Bakr al-Baghdadi, conoció ciertos reveses estos últimos meses. Los raids de la coalición internacional dirigida por Estados Unidos y las ofensivas lanzadas por el ejército iraquí, los kurdos o las milicias chiítas lo obligaron a ceder terreno, en ciudades sirias como Kobané y Tall Abyad y ciudades iraquíes como Tikrit.
Pero por otra parte, la organización ha obtenido espectaculares victorias como la captura de la antigua ciudad de Palmira en el desierto sirio o la de Ramadi, capital de Al-Anbar, la provincia más grande de Irak.

Una guerrilla

“El grupo actúa como una guerrilla: puede ser debilitado en una región y ganar potencia en otra, pero continuará existiendo en un futuro cercano”, previene a la AFP Hassan Hassan, analista de Chatham House.
Incluso si las fronteras del "califato", proclamado el 28 de junio de 2014 sobre los territorios conquistados entre Irak y Siria, pueden fluctuar, “lo veo existir por lo menos una década aún”, añade.
“La idea de un califato y de un califa Ibrahim permanecerá ciertamente viva en el espíritu de numerosos de sus miembros y partidarios a través del mundo”, sentencia Charles Lister, del Brooking Doha Centre.

Recursos financieros

El éxito del EI se explica por sus recursos financieros, sus capacidades militares y su facultad para aprovechar las quejas legítimas de las poblaciones locales contra los regímenes emplazados en Irak, país minado por la inestabilidad, y en Siria asolada por la guerra.
“El EI es el grupo terrorista más rico en el mundo” con rentas de alrededor de dos millones de dólares por semana, indica Patrick Johnston, politólogo en el grupo de análisis Rand Corporation.
Los ataques aéreos de la coalición sobre los campos petroleros tomados por el EI y la caída de los precios del crudo redujeron las ganancias, pero el grupo encontró medios de compensarlas. “Expropia fondos, colecta impuestos y vende bienes robados durante sus conquistas”, explica Johnston.
Militarmente, el grupo aprovecha la experiencia de sus fundadores, de los cuales un gran número son ex oficiales y miembros de los servicios de seguridad del ex dictador iraquí Saddam Hussein, destituidos por los norteamericanos después de la invasión de 2003. Ellos tienen particularmente la experiencia de los ocho años de la guerra con Irán.

Amplia reserva de reclutas

El EI puede apoyarse también en una amplia reserva de reclutas, particularmente de combatientes extranjeros, y en una reserva considerable de equipos, se trate de armas ligeras, de artillería, de armas antitanque, de tanques y de blindados, entre ellos están los vehículos norteamericanos tomados al ejército iraquí.
Según Lister, el grupo “intenta casi constantemente conseguir victorias para poner mano sobre más armas”.
El EI, que también compra equipos en el mercado negro, “tiene las armas, el entrenamiento y los medios para operar como un pequeño ejército”, resume Hassan.

Coalición limitada

A pesar de algunos éxitos, los márgenes de maniobra de la coalición internacional son limitados por la ausencia de tropas en el terreno y sobre todo por la falta de inteligencia, según los expertos.
Paralelamente, el EI concentró su expansión en regiones donde las fuerzas de seguridad han sido debilitadas por la guerra.
Después de la captura de un territorio, el grupo establece allí una administración e instala su policía, según Johnston.
Los jihadistas manejan la zanahoria y el palo con la población local, aterrorizándola con ejecuciones públicas brutales pero ofreciéndole una estabilidad relativa y servicios públicos como salud y educación.
“La gente tiene miedo de las exacciones del grupo pero algunos se sienten tranquilos por su modelo de gobernar ya que, por otra parte, no tienen otra alternativa”, afirma Hassan.

Ausencia de alternativa

Esta ausencia de alternativa fue una de las claves del éxito del EI en Irak y en Siria, donde la población sunnita se sentía excluida del poder detentado por los chiitas.
En Siria, la rebelión contra el presidente alauita Bachar al-Assad es descendiente en su mayoría de la comunidad sunnita, y en Irak ésta acusa al gobierno de discriminación.
Mientras esta situación permanezca, “el EI podrá continuar aprovechando la aceptación tácita de la población”, adelanta Lister. “Una verdadera solución al problema del EI sería entonces remediar las divisiones en el seno de la sociedad que el grupo exacerba y explota para su beneficio”.

Fuente: 20Minutes.ch con AFP 20 de junio de 2015



Après un an de «califat», l'EI bien armé pour durer

Après la proclamation de son «califat» en Syrie et en Irak en 2014, le groupe jihadiste apparaît capable de survivre des années, estiment des experts.

Après une période d'expansion, l'embryon d'Etat, avec à sa tête le chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi a certes connu des revers ces derniers mois. Les raids de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et les offensives lancées par l'armée irakienne, les Kurdes ou les milices chiites l'ont obligé à céder du terrain comme dans les villes syrienne de Kobané et Tall Abyad et irakienne de Tikrit.
Mais ailleurs, l'organisation a remporté des victoires spectaculaires comme la capture de l'antique cité de Palmyre dans le désert syrien ou celle de Ramadi, capitale d'Al-Anbar, la plus grande province d'Irak.

Une guérilla

«Le groupe agit comme une guérilla: il peut être affaibli dans une région et gagner en puissance dans une autre, mais il continuera à exister dans un avenir proche», prévient à l'AFP Hassan Hassan, analyste auprès de Chatham House.
Même si les frontières du «califat», proclamé le 28 juin 2014 sur les territoires conquis à cheval entre l'Irak et la Syrie, peuvent fluctuer, «je le vois exister pour au moins une décennie encore», ajoute-t-il.
«L'idée d'un califat et du calife Ibrahim restera certainement vivante dans l'esprit de nombreux de ses membres et partisans à travers le monde», renchérit Charles Lister, du Brooking Doha Centre.

Ressources financières

Le succès de l'EI s'explique par ses ressources financières, ses capacités militaires et sa faculté à s'appuyer sur les griefs légitimes des populations locales contre les régimes en place en Irak, pays miné par l'instabilité, et en Syrie ravagée par la guerre.
«L'EI est le groupe terroriste le plus riche au monde» avec des revenus de près de deux millions de dollars par semaine, indique Patrick Johnston, politologue au groupe d'analyse Rand Corporation.
Les frappes de la coalition sur les champs pétroliers pris par l'EI et la chute des prix de brut ont réduit les gains, mais le groupe a trouvé des moyens de compenser. «Il extorque des fonds, collecte des impôts et vend des biens pillés lors de ses conquêtes», explique M. Johnston.
Militairement, le groupe bénéficie de l'expérience de ses fondateurs, dont nombre sont d'ex-officiers et membres des services de sécurité de l'ex-dictateur irakien Saddam Hussein, limogés par les Américains après l'invasion de 2003. Ils ont notamment l'expérience des huit années de guerre avec l'Iran.

Large réservoir de recrues

L'EI peut s'appuyer aussi sur un large réservoir de recrues, notamment de combattants étrangers, et sur un stock considérable d'équipements, qu'il s'agisse d'armes légères, d'artillerie, d'arsenal antichar, de tanks et de blindés, dont des véhicules américains pris à l'armée irakienne.
D'après M. Lister, le groupe «tente presque constamment de remporter des victoires pour mettre la main sur davantage d'armes».
L'EI, qui achète également des équipements sur le marché noir, «a les armes, l'entraînement et les moyens pour opérer comme une petite armée», résume M. Hassan.

Coalition limitée

Malgré quelques succès, les marges de manoeuvre de la coalition internationale sont limitées par l'absence de troupes au sol et surtout de renseignements, selon les experts.
Parallèlement, l'EI a concentré son expansion sur des régions où les forces de sécurité ont été affaiblies par la guerre.
Après la capture d'un territoire, le groupe y met en place une administration et installe sa police, selon M. Johnston.
Les jihadistes manient la carotte et le bâton avec la population locale, la terrorisant avec des exécutions publiques brutales tout en lui offrant une relative stabilité et des services publics comme la santé et l'éducation.
«Les gens ont peur des exactions du groupe mais certains sont rassurés par son modèle de gouvernance et n'ont d'ailleurs aucune autre alternative», affirme M. Hassan.

Absence d'alternative

Cette absence d'alternative a été l'une des clés du succès de l'EI en Irak et en Syrie, où la population sunnite se sentait exclue du pouvoir détenu par les chiites.
En Syrie, la rébellion contre le président alaouite Bachar al-Assad est issue en majorité de la communauté sunnite, et en Irak celle-ci accuse le gouvernement de discrimination.
Tant que cette situation demeurera, «l'EI pourra continuer à bénéficier de l'acceptation tacite de la population», avance M. Lister. «Une véritable solution au problème de l'EI serait donc de remédier aux divisions au sein de la société que le groupe exacerbe et exploite à son avantage».

20Minutes.ch avec AFP 20 juin 2015