martes, 30 de septiembre de 2014

Masivas marchas pacíficas en Hong Kong en los días previos a la conmemoración del arribo de la China comunista


Vela de armas democrática en Hong Kong

Una vela de armas a pasos de una inmensa kermesse. En la noche húmeda de Admiralty, una marea humana vocifera un mismo grito repetido como un oleaje que se expande sobre un kilómetro, atravesada por los puentes carreteros que enlazan el distrito de negocios. “¡Ga Yau!” “¡Resiste, Hong Kong!” lanza en cantonés la muchedumbre amontonada a las puertas de la sede del gobierno, bajo la torre del Banco de China, diseñada por el arquitecto Pei. Son nuevamente decenas de miles que desafían a Pekín, a pesar de la lluvia cálida y de los pedidos para que vuelvan a sus casas lanzado por Leung Chun-ying, el jefe ejecutivo de la isla, en lo sucesivo abucheado.
Impasibles, juran permanecer hasta que termine la noche para tener a raya a las autoridades. Caras de chicos prudentes pintados para el combate, que intentan esconder su miedo bajo sonrisas tímidas. “Mi lugar está aquí. Sabemos que el gobierno va a intentar hacer algo esta noche, pues debemos mantenernos unidos, a pesar de la inquietud” explica Kevin, 23 años, con un diamante en la oreja.
Porque el miércoles 01 de octubre, la fiesta nacional china se anuncia como un momento decisivo de la crisis. La fiesta "patriótica" ya se arruinó con la anulación de los célebres fuegos artificiales. Pero Pekín desearía evitar a cualquier precio una demostración de fuerza de la calle en este día festivo que celebra, irónicamente, el advenimiento de la China comunista. Porque la multitud de manifestantes todavía corre peligro de incrementarse con ocasión de los próximos dos días de paro, a medida que el movimiento estudiantil gana la simpatía de los mayores. Una prueba sin precedentes para el presidente Xi Jinping, desde su llegada al poder en 2013 y en un momento donde afirma su dominio del aparato chino. Más aún cuando la “revolución de los paraguas” en lo sucesivo tiene resonancia internacional, desencadenando movimientos de solidaridad desde Sydney a Nueva York, pasando por Taipei. Estados Unidos llamó a los actores de la crisis a la "discreción”. Una advertencia velada a cualquier tentación represiva en Pekín.
Los gases lacrimógenos del fin de semana cedieron su lugar a un ambiente de pic-nic en la plaza Tamar, el martes, donde las fuerzas del orden tuvieron bajo perfil. A pesar de la retirada de los policías antimotines, los manifestantes se mantienen atentos. Y el espectro de un nuevo Tiananmen está en todas las cabezas. “No queremos que esto se reproduzca, pero si hace falta, resistiremos. A la época, los estudiantes hicieron algo justo”, afirma Steve, de 23 años, que no había nacido en la época del drama pekinés, pero se informó “en Internet”.
Mientras que los medios oficiales de Pekín los describen como “extremistas políticos” poniendo en peligro la seguridad y la economía de Hong Kong, los manifestantes señalan el carácter pacífico de su marcha. Para poner término a las acusaciones de caos, anunciaron el establecimiento de “corredores humanitarios" sobre la plaza Tamar para evacuar a cualquier herido. La disciplina y la calma reinan sobre la multitud enmarcada por un servicio de orden tanto pulcro como vigilante. Porque los organizadores temen golpes encubiertos de las autoridades, para hacer derrapar al movimiento. Las "tríadas", esas organizaciones mafiosas locales, habrían sido reclutadas para infiltrar las comitivas y suscitar violencias con la policía, afirma un rumor divulgado por las redes sociales. Hong Kong retiene su aliento.

Fuente: Le Figaro por Sébastien Falletti publicado el 30/09/2014



Veillée d'armes démocratique à Hongkong

Une veillée d'armes aux allures d'immense kermesse. Dans la nuit moite d'Admiralty, une marée humaine scande un même cri repris comme une houle déferlant sur un kilomètre, enjambant les ponts autoroutiers qui enlacent le quartier des affaires. «Ga Yau!» «Tiens bon, Hongkong!» lance en cantonais la foule amassée aux portes du siège du gouvernement, sous la tour élancée de la Bank of China, dessinée par l'architecte Pei. Ils sont de nouveau des dizaines de milliers à défier Pékin, malgré la pluie chaude et les appels à rentrer chez eux lancé par Leung Chun-ying, le chef exécutif de l'île, désormais honni.
Impassibles, ils jurent de rester jusqu'au bout de la nuit pour tenir en respect les autorités. Visages d'enfants sages harnachés pour le combat, qui tentent de cacher leur peur sous des sourires timides. «Ma place est ici. Nous savons que le gouvernement va tenter de faire quelque chose cette nuit, donc nous devons rester unis, malgré l'inquiétude» explique Kevin, 23 ans, diamant à l'oreille.
Car mercredi 1er octobre, la fête nationale chinoise s'annonce comme un moment décisif de la crise. La fête «patriotique» est déjà gâchée avec l'annulation du célèbre feu d'artifice. Mais Pékin voudrait éviter à tout prix une démonstration de force de la rue en ce jour férié qui célèbre, ironiquement, l'avènement de la Chine communiste. Car la foule des manifestants risque encore de gonfler à l'occasion de deux prochains jours chômés, à mesure que le mouvement étudiant gagne la sympathie des aînés. Un test sans précédent pour le président Xi Jinping, depuis son arrivée au pouvoir en 2013 et à l'heure où il affirme sa mainmise sur l'appareil chinois. D'autant que la «révolution des parapluies» résonne désormais à l'international, déclenchant des mouvements de solidarité de Sydney à New York, en passant par Taïpeh. Les États-Unis ont appelé les acteurs de la crise à la «retenue». Une mise en garde voilée à toute tentation répressive à Pékin.
Les gaz lacrymogènes du week-end ont cédé la place à une ambiance de pique-nique sur la place Tamar, mardi, où les forces de l'ordre font profil bas. Malgré le retrait des policiers antiémeutes, les manifestants sont sur leurs gardes. Et le spectre d'un nouveau Tiananmen est dans toutes les têtes. «Nous ne voulons pas que cela se reproduise, mais s'il le faut, nous résisterons. À l'époque, les étudiants ont fait la chose juste», affirme Steve, 23 ans, qui n'était pas né à l'époque du drame pékinois, mais s'est renseigné «sur Internet».
Alors que les médias officiels de Pékin les décrivent comme des «extrémistes politiques» mettant en péril la sécurité et l'économie de Hongkong, les manifestants soulignent le caractère pacifique de leur démarche. Pour couper court aux accusations de chaos, ils ont annoncé l'établissement de «couloirs humanitaires» sur la place Tamar pour évacuer tout blessé. La discipline et le calme règnent sur la foule encadrée par un service d'ordre aussi poli que vigilant. Car les organisateurs redoutent des coups tordus des autorités, pour faire déraper le mouvement. Les «triades», ces organisations mafieuses locales, auraient été recrutées pour infiltrer les cortèges et susciter des violences avec la police, affirme une rumeur colportée par les réseaux sociaux. Hongkong retient son souffle.

Le Figaro par Sébastien Falletti publié le 30/09/2014